La compagnie Bonne Chance est implantée à Caen et elle crée des spectacles festifs au sujet de nos futurs. Ses spectacles sont des célébrations pluridisciplinaires qui placent l’avenir, et les interrogations qui l’accompagnent, au cœur du propos et de l’action scénique. En utilisant la fête et la joie, la compagnie Bonne Chance aborde les grandes questions liées au futur, telles que l’urgence écologique, l’action citoyenne et l’utopie. Lors de ces fêtes théâtralisées, les artistes collaborent régulièrement avec des acteurs non-professionnels volontaires, et le public est invité à participer activement.
Le projet artistique de la compagnie consiste à explorer les futurs possibles, et plus particulièrement, les visions crédibles et heureuses de l’avenir. Pour cela, la compagnie s’approprie les rues, les lieux festifs et les espaces naturels pour y inscrire ses projets artistiques. Avec la Cie Bonne Chance, le futur devient un sujet de célébration, d’interrogation et de réflexion pour tous et à travers ses spectacles, elle cherche à communiquer un enthousiasme, une envie de changement, voire même, un désir d’agir.
Notre projet artistique se fonde sur des sujets vertigineux.
Des sujets démesurés qui nous dépassent complètement et nous renvoient à notre minuscule condition humaine. Une matière première qui relève de l’inconcevable, de l’insoutenable et de l’inimaginable.
Le plus souvent, ce minerai dont nous façonnons nos spectacles a trait avec le futur.
Nos futurs.
Futur radieux. Futur de mort.
Dystopie crédible. Utopie merdique.
Nommons-les, ces vertiges qui nous traversent :
– Le dérèglement climatique et son lot de conséquences dramatiques et irréversibles, autant sur le plan écologique que social. Des visions de sociétés qui se craquellent à force de se rétracter, de se replier et de rejeter pour subsister. Des présages d’effondrements de toutes parts et sur tant d’aspects de la vie. Des cauchemars d’une agonie mondiale.
– Le mythe de la révolution globale qui sauverait l’humanité en pourfendant ce capitalisme devenu fou. Le Grand Soir ! La prise de conscience collective – traînée de poudre – qui entraînerait le changement de cap mondial qui se fait tant attendre. Et que nous attendons, inlassablement, éternellement, dans le confort douillet ou dans le désespoir.
– La possibilité que le collectif soit réellement la solution pour créer un monde et un avenir en commun. L’hypothèse qu’une civilisation en osmose avec son environnement puisse advenir. Que l’obstination et l’inventivité collective permettent l’émergence de vieux rêves comme la paix mondiale, l’auto-organisation ou les Nations-Unies. Et que cela soit possible avec « tous ces cons », les autres, ceux qui pensent et agissent différemment de nous.
La puissance de ces thèmes nous atteint au plus profond et fait naître en nous la nécessité brûlante de les travailler artistiquement. Cette matière première secoue notre perception du monde, fait vaciller nos croyances et ravive des interrogations fondamentales sur notre rapport à la vie, au bonheur, à la modernité, à l’art, à nos limites et celles que l’on observe. Ces sujets – colossaux tas de nœuds – nous émeuvent, nous déstabilisent et nous donnent le tournis ; un état sensible dont nous avons besoin pour créer.